Notre-Dame-des-Landes : épilogue d'un dossier à haut risque

Depuis sa genèse dans les années 60, le projet transfert de l'aéroport Nantes-Atlantique à Notre-Dame-des-Landes a suscité controverses et tensions. Tandis que des opposants au projet occupent la « Zone d’Aménagement Différé » (ZAD) rebaptisée « Zone à Défendre » devant accueillir ce dernier et ont usé de nombreux recours devant les tribunaux, les partisans au transfert, confortés par la consultation organisée en juin 2016 auprès des habitants de Loire-Atlantique penchant en faveur d’un nouvel aéroport, pressent quant à eux les autorités à expulser les Zadistes et à démarrer les travaux. Durant sa campagne, Emmanuel Macron a promis de trancher sur l'avenir du projet. Une fois élu, il a chargé le premier ministre Edouard Philippe de missionner trois experts (Gérard Feldzer, Michel Badré et Anne Boquet) pour éclairer sa décision. Ainsi,  ces derniers ont remis le 13 décembre 2017 un rapport présentant les avantages et inconvénients d'un réaménagement de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique et ceux de son transfert à Notre-Dame-des-Landes. 

Ainsi, trois options se présentent : soit le transfert de l'actuel aéroport, soit son réaménagement en parallèle d'une évacuation de la ZAD, soit son réaménagement avec la possibilité pour certains zadistes (occupants "historiques", et ceux ayant débuté une activité agricole) de rester sur zone sur un modèle calqué sur celui mis en place dans le Larzac. Finalement, au terme d'une semaine de consultations d'élus locaux, Edouard Philippe annonça le 17 janvier l'abandon du projet au profit d'un réaménagement de Nantes-Atlantique et demanda dans le même temps aux habitants de la ZAD de l'évacuer avant le 31 mars sous peine de recourir à leur expulsion. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a quant à lui demandé à ce que toutes les voies d'accès de la ZAD (dont la D281) soient libérées. 

Immersion au coeur de la ZAD à quelques jours de la décision du gouvernement

A quelques jours de la décision gouvernementale concernant l'avenir du projet d’aéroport de Notre-Dame-des Landes, les habitants de la Zone à Défendre (ZAD), les occupants réaffirment leur volonté de rester sur place pour continuer leur expérience de vie alternative quelque soit l’issue rendue par le gouvernement et se disent prêts à se défendre en cas d’évacuation.
De son côté, la Préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein affirme que 95 squats illégaux ont pour vocation à être démantelés.
Cette série de clichés permet une immersion inédite en dehors des chemins balisés dans leur lieu de vie.

Interview d'un habitant de la ZAD avant la décision du gouvernement

 

Abandon de NDDL : les anti-aéroport défilent à Nantes

Mercredi 17 janvier, quatre cents militants anti-aéroport ce sont rassemblés devant la Préfecture de Nantes pour fêter l’abandon du projet aéroportuaire à Notre-Dame-des-Landes après 50 ans de lutte.

Au delà de cette célébration, les participants entendaient réaffirmer leur soutien aux Zadistes auxquels le Gouvernement a adressé un ultimatum afin qu’ils quittent la Zone à Défendre avant le printemps faute de quoi ils seront évacués par la force.

Le cortège c’est élancé dans les rues de Nantes encadré par un important dispositif policier mais aucun incident n’était à déplorer.

Abandon de NDDL : déblaiement de la départementale D281

Lundi 22 janvier, soit cinq jours après l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et conformément aux exigences du gouvernement, une centaines de militants se sont donnés rendez-vous pour commencer à dégager (non sans tensions internes) la départementale D281 que les zadistes avaient jonché de chicanes en 2012. Cette route était devenue le symbole de la lutte des anti-aéroport.
Néanmoins, un petit nombre de zadistes vivant dans des cabanes en bordure de la route ont décidé d'y rester.

Les travaux de déblaiement se sont tenu à l'écart des objectifs des journalistes.

NDDL : reprise des travaux de débroussaillage de la départementale D281

Lundi 5 février, les équipes techniques du département de Loire-Atlantique ont repris les travaux de débroussaillage de la départementale D281 (la route des chicanes) encadrées par un important dispositif de gendarmes mobiles. Ces travaux entamés la semaine dernière avaient dû être interrompus en raison de tensions avec des zadistes déterminés à empêcher leur réalisation. 


Le directeur de cabinet de la préfète Johann Mougenot était également sur place.

 

D281 : changement d’aspect mais poursuite de la résistance

Cette série rend compte de l’aspect de la départementale 281, la route des chicanes après son déblayage par les zadistes et près d’une un mois de travaux opérés sous protection par les équipes techniques du Conseil Départemental.

Résultats : l’ensemble des chicanes ont disparues et la route est dégagée. Quelques vestiges de la lutte anti-aéroport subsistent sur le bas côté tandis qu’une poignée d’irréductibles continus à habiter aux abords de la départementale pour poursuivre leur expérience de vie alternative tout en sachant que les autorités finiront par les expulser.

Action symbolique des partisans du transfert de Nantes-Atlantique à Notre-Dame-des-Landes 

Samedi 10 mars, les partisans au transfert de l'aéroport Nantes Atlantique à Notre-Dame-des-Landes ont organisé une action symbolique place du Commerce qui consistait à inviter les passants à déposer leur carte d'électeur dans une urne en forme de cercueil surmontée d’une pancarte avec l'inscription "Ci Gît La démocratie Française 1789-2017"

Cette action visait à dénoncer le choix du gouvernement de renoncer à ce transfert et ce malgré le résultat de la consultation de juin 2016 qui y était favorable.

Les participants incitaient également à signer une pétition pour s’opposer à l’agrandissement de l’actuel aéroport sur la commune de Saint-Aignan-Grandlieu.

Comité de pilotage sur la gestion des terres de la ZAD

La préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein a organisé à le 19 mars le premier comité de pilotage ayant pour but de définir les modalités de gestion des terres de la ZAD suite à l’abandon du projet d’aéroport.

Alors que les pourparlers s’annoncent complexes tant les points de vue divergent et que la préfète a réaffirmé que des expulsions ciblées seront menées, des manifestants (zadistes non conviés à ce premier rendez-vous) se sont rassemblés devant la Préfecture pour faire valoir une gestion globale du territoire et pas seulement agricole, tout en s’opposant à toute évacuation par la force.

Visite de Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat au Ministère de la transition écologique

Le secrétaire d’Etat au Ministère de la transition écologique, Sebastien Lecornu était en Loire-Atlantique les 20 et 21 mars 2018 dans le cadre de l’avenir des terres de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes après l’abandon du projet d’aéroport. Il s’est entretenu avec les élus locaux, le Président de la Chambre d’agriculture et une délégation de zadistes. A l’issue de ces entrevues, Monsieur Lecornu a précisé que les terres avaient une vocation agricole basée sur des circuits-courts et l’agro-écologie et que pour ce faire les habitants de la ZAD qui seront officiellement reconnus comme agriculteurs par l’Etat pourrons y rester, les autre seront évacué à compter du 1er avril. Il a également insisté sur le caractère individuel des démarches a accomplir et balaie de fait, le souhait d’une gestion collective voulue par les anti-aéroport. En revanche, il se dit ouvert à l’installation d’activités rurales qui ne seraient pas seulement agricoles.
Au cours de sa deuxième journée de visite, Sébastien Lecornu s’est rendu à Notre-Dame-des-Landes où il s’est rendu sur la D281 puis à la mairie afin de s’entretenir avec les 6 maires appartenant à la communauté de communes (dont Jean-Paul Naud, maire de Notre-Dame-des-Landes).

9 avril 2018  : début des expulsions


Conformément à l'ultimatum fixé par le gouvernement le 17 janvier 2018, la préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein a ordonné l'expulsion des zadistes illégaux. Pour ce faire, 2.500 gendarmes ont été mobilisés.

Premières heures du face-à-face entre zadistes et forces de l'ordre

Dès le début de cette opération le 9 avril 2018, les militaires ont dûs faire face une résistance déterminée en essuyant jets de pierres et de cocktails molotovs et ont riposté par un usage massif de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes.

Dès le premier jour, la ferme des "1OO noms", un des lieux les plus emblématiques de la ZAD a été détruite. Pourtant, elle s’inscrivait dans le cadre d’un projet d’agriculture «raisonnée», et aurait du être préservée. Cette destruction aura pour effet de mobiliser les zadistes modérés qui s'étaient jusqu'alors désolidarisés des plus radicaux. Ainsi, les affrontements ont redoublés d'intensité dès le deuxième jour d'intervention des forces de l'ordre.

Les autorités annonceront la fin des opérations d'expulsions le 12 avril et... appellent à reprendre le dialogue avec les zadistes désireux de déclarer une activité sur la ZAD. Pour ce faire, la préfète de Loire-Atlantique leur laisse jusqu'au 23 avril pour lui faire parvenir un formulaire détaillant leur projet.

Finalement, ces 4 jours de violences se solderont par 29 squats (sur 95) rasés, 50 blessés côté gendarmes, une centaine pour les zadistes ainsi que 3 journalistes visés délibérément par les forces de l'ordre.


Manifestation en soutien au zadistes au terme de la première journée d'expulsion de la ZAD

Au terme de la première journée d'expulsion de la Zad de Notre-Dame-des-Landes, environ 2.000 personnes ont manifester leur soutien. 

Le cortège parti de la préfecture a défilé dans le calme même si des moments de tensions avec les CRS ont eu lieu épisodiquement. 

De retour à leur point de départ, les manifestants ont été dispersés par des tirs de grenades lacrymogènes.

Conférence de presse de Nicole Klein au terme des opération d'expulsions sur la ZAD

La manifestation en soutien aux zadistes vire à la guérilla urbaine

Samedi 14 avril, entre 6.000 et 7.000 personnes dont certaines venaient d’autre régions de l’hexagone, se sont rassemblées pour protester contre les expulsions qui ont eu lieu sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes durant la semaine qui venait de s'écouler.

Très vite, de violentes échauffourées ont opposé des militants radicaux au forces de l'ordre présentes en nombre (1.000 CRS étaient mobilisés) après que celles-ci aient fait reculer au canon à eau le cortège devant le château des Ducs de Bretagne l’empêchant ainsi de défiler comme initialement prévu.


Trois jours après l'annonce de la fin des expulsions sur la ZAD, la situation est toujours aussi tendue

Une semaine après le début des opérations d'expulsions sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et trois jours après l'annonce de la fin de ces dernières par la préfète de Loire-Atlantique Nicole Klein, la situation sur place est toujours tendue. Depuis vendredi, zadistes et gendarmes mobiles se toisent et s’affrontent par barricades interposées.

Dimanche 15 avril, un grand rassemblement de soutien s’est tenu sur la zone et a permis de reconstruire une charpente  et d’ériger de nouvelles barricades très vite détruites par les forces de l’ordre.



La tentative  de reprise du dialogue entre les zadistes est l’Etat se solde par un échec 

Mercredi 18 avril, soit dix jours après le début des opérations d’expulsion, une délégation d’habitants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes a été reçue à la Préfecture de Nantes pour tenter de sortir de la crise qui secoue le bocage nantais depuis plus d’une semaine. Au cours de ce rendez-vous présidé par le Ministre de la Transition Ecologique Nicolas Hulot, les zadistes ont demandé l’arrêt de l’occupation militaire de la ZAD, du report de l’ultimatum fixé au 23 avril pour présenter leur projet qu’ils souhaitent collectif et non individuel. 

Malheureusement ils se sont vus rétorquer l’ensemble de leur demande, la préfète soulevant un problème d’anonymat que présenterait une telle convention. 

La situation reste donc au point mort à l’issue de cette entrevue avec le risque de reprise des opérations d’expulsions des occupants jugés illégaux et de destruction des squats restant sur la zone à défendre.


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