Univers Cité : 

solidarité des étudiants nantais envers les mineurs isolés étrangers

Passés d'une quarantaine en 2012, les mineurs isolés étrangers seraient aujourd'hui plus de 600 en Loire-Atlantique. Face à cet afflux massif, les instances départementales et la Préfecture ont du mal à faire face et a offrir des conditions d'accueil décentes pour tous ces jeunes. De ce fait, beaucoup d'entre eux sont contraints de dormir dehors.Face à cette situation, militants et étudiants ont décidé de leur venir en aide. Ainsi, le 18 novembre, les locaux de l'ex-école des Beaux-arts située en plein centre-ville de Nantes a été investie pour offrir un toit à ces jeunes en détresse. 

Dès le lendemain, la Mairie ordonna l'évacuation de celle-ci, occasionnant 4 blessés lors de l'intervention des forces de l'ordre. 

Déterminés à poursuivre leur lutte, les militants ont décidé de réquisitionner le bâtiment Censive puis le château du Tertre appartenant tous deux à l'Université de Nantes dont la présidence a déposé une demande d'expulsion en référé au tribunal administratif. Le 5 décembre, le juge ordonna l'évacuation du château et des salles du bâtiment Censive. Mais après une semaine d'ultimatum adressé aux occupants et la fermeture administrative de Censive, l'Université a fait suspendre sa demande d'expulsion devant la mobilisation croissante pour soutenir cette initiative.

Rassemblement suite à l'évacuation des Beaux-arts

Au lendemain de l’évacuation de l’ex-école des beaux-arts de Nantes, qui avait été « réquisitionnée » samedi 18 novembre par des militants pour permettre aux mineurs isolés de la ville d’avoir un toit et un lieu de vie,  une cinquantaine de personnes s’était réunies place Dulcie-September pour expliquer les raisons de cette occupation et évoquer le déroulé de leur expulsion de la veille.A l’issue de leur exposé, les militants assurent «être prêts à recommencer » jusqu’à obtenir des conditions de vie décentes pour ces jeunes migrants. Avant les prises de parole, des étudiantes ont accroché sur les grilles de l’établissement désormais  condamné des photocopies de carte d’étudiant avec l’inscription « Et si c’était moi ? ». De son côté la Mairie de Nantes assure avoir débloqué 10 logements en urgence.

Après ceux des Beaux-Arts, les locaux du bâtiment Censive sont investis pour les mineurs isolés

Trois jours après leur expulsion de l'ex-école des Beaux-Arts, étudiants et militants ont "réquisitionné" des locaux du bâtiment Censive de la Faculté de Nantes, afin que les mineurs isolés contraints de dormir dehors puissent avoir un toit pour l'hiver.Sur le campus, la solidarité s'organise, les étudiants apportant denrées alimentaires, produits d'hygiène ou encore matelas et duvets. En dehors d'un hébergement, les jeunes se voient proposer des cours dispensés par des étudiants, voire même par des professeurs du campus. 


Réquisition du château du Tertre

Dimanche 26 novembre au cours d'une assemblée générale, étudiant militants et jeunes migrants qui occupent déjà le rez-de-chaussée du bâtiment Censive de l'Université de Nantes ont voté la réquisition du château du Tertre situé sur le campus, cette démarche ayant pour but d'y loger des mineurs isolés. 
Ce château appartenant à l'Université est inoccupé depuis octobre en prévision de travaux de réhabilitation qui devaient commencer le 5 décembre. 
Pris au dépourvu, le 1er vice-président s'est rendu dès le lendemain à la rencontre des occupants en leur demandant de quitter les lieux, évoquant des questions de sécurité, le bâtiment n'ayant ni eau, ni chauffage et ayant un réseau électrique défaillant. Parallèlement, un huissier est venu constater l'occupation des lieux, et une demande d'expulsion auprès du Tribunal Administratif a été déposée. Le jugement concernant cette dernière rendu le 5 décembre ordonne l'évacuation du château mais aussi du bâtiment Censive. En réponse, le collectif de soutien appuyé par l'intersyndicale ont fait savoir qu'ils compter rester dans les lieux tant qu'aucune solution décente et pérenne soit proposée pour accueillir ces mineurs.

Rassemblement devant le Tribunal Administratif

Suite à la réquisition par des étudiants du bâtiment Censive et du Château du Tertre pour y loger des mineurs isolés étrangers,  l'Université de Nantes propriétaire des lieux a déposé une requête en référé auprès du Tribunal Administratif en vue d'obtenir leur évacuation. 
En guise de soutien aux personnes convoquées et aux jeunes exilés, une cinquantaine de militants se sont rassemblés devant le tribunal lundi 4 décembre en déployant une banderole. 

Dans sa décision rendue le lendemain, le juge a ordonné l'évacuation du château et des salles du bâtiment Censive.

Ultimatum et fermeture administrative du bâtiment Censive

Suite à l’ultimatum que leur a lancé la Présidence de l’Université de quitter le château du Tertre lundi 11 décembre à 18 h, militants et jeunes migrants ont organisé leur résistance en érigeant des barricades sur les deux sites qu’ils occupe afin de freiner toute intervention de forces de l’ordre. Cette situation a conduit Olivier Laboux, président de l'Université a décidé de fermer administrativement l’ensemble du bâtiment Censive le lendemain en évoquant des questions de sécurité posées par la condamnation de toutes les issues. Une bouteille de gaz aurait également été découverte. 
Rapidement, les soutiens au mouvement de solidarité envers les jeunes exilés se sont rassemblés devant le bâtiment Censive et sous les fenêtres du Pôle Etudiant où avait lieu une réunion entre les dirigeants de l’Université. Une cinquantaine de militants ont ensuite investi la salle où se tenait cette dernière afin de négocier avec les instances universitaires qui leur ont garanti qu’aucune intervention policière n’est pour l’heure envisagée. Une nouvelle réunion de négociation a été prévue le 13 décembre mais a finalement été annulée par M. Laboux. 


Point presse des exilés occupant Censive et le Château du Tertre et de leurs soutiens suite à de nouvelles menaces d'expulsion formulées le 15 février 2018 par Olivier Laboux

Evacuations du bâtiment Censive et du Château du Tertre 

Après trois mois d'occupation, le bâtiment de la Censive et le château du Tertre ont été évacués par la Police mercredi 7 mars conformément à la demande d'Olivier Laboux, Président de l'Université de Nantes.

Cette expulsion conduite par 300 fonctionnaires s'est déroulée sans heurts. Un militant est resté deux heures sur le toit du château en guise de protestation avant d'être évacué par un policier du RAID et les pompiers.

Au total, 110 migrants -dont des mineurs ont été expulsé en pleine trêve hivernale et sans aucune proposition de relogement.

Rassemblement des occupants de Censive et du château du Tertre suite à leur expulsion

Mercredi 7 mars, suite à l’expulsion dont ils ont fait l’objet le matin même, les exilés et leur soutiens se sont rassemblés devant la Préfecture de Nantes.

 Lors de différentes prises de paroles, les intervenants ont dénoncé la politique du gouvernement sur la question migratoire (Loi asile immigration de Gérard Collomb) ainsi que le traité de Dublin.

Un appel à poursuivre ce mouvement de solidarité a été lancé.

Après leur expulsion de l'université, les migrants occupent un ancien Ehpad au centre de Nantes

Jeudi 8 mars, au lendemain de leur expulsion de Censive et du château du Tertre, militants et exilés ont réquisitionné une ancienne maison de retraite située rue Maurice Sibille en plein centre ville de Nantes. rapidement, les forces de l'ordre ont bloqué l'accès au bâtiment appartenant à la municipalité tandis qu'une dizaine de personnes étaient déjà à l'intérieur.

Vers 14 heures, le dispositif policier a été levé et une délégation du collectif de soutien aux migrants a été reçue par Johanna Rolland. Cette dernière a autorisé l'occupation des lieux jusqu'au 31 mars, jour marquant la fin de la trêve hivernale.

De leur côté, certains les riverains ne cachaient pas leur inquiétude.

Après l'expulsion des exilés des locaux de l'Université de Nantes, des étudiants bloquent le campus du Tertre

Après l'expulsion des migrants du bâtiment Censive et du Château du Tertre, des étudiants qui étaient favorables à leur maintien sur le campus ont décidé de bloquer mardi 13 mars les bâtiments de ce dernier en guise de protestation. Ils revendiquent la démission d'Olivier Laboux, président de l'Université de Nantes qui avait demandé cette évacuation à la Préfecture, et que les forces de l'ordre n'interviennent plus à l'Université. 

Par ailleurs, un appel à manifester le 15 mars contre la Loi Vidal a été relayé.

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